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Atelier de formation professionnelle de Chouhada
Un lieu convivial de formation et de solidarité

 

Opérationnel depuis 7 mois, l'Atelier de formation professionnelle de Chouhada à Casablanca s'est déjà imposé comme un chef-lieu remarqué et remarquable en matière de formation sur les métiers de tissage. Des dizaines de femmes dans une situation de grande  précarité y apprennent ce dont elles feront par la suite un métier, un gagne-pain. Ambiance bon enfant, entente, sympathie et solidarité. Tels sont les abécédaires de cet Atelier.

 

"Le jour où j'ai mis les pieds dans cet Atelier, j'étais hésitante. Mais l'accueil qu'on m'a fait m'a rassurée. Aujourd'hui, ma vision de la vie a changé. J'ai repris espoir. Je sais que, dans pas mal de temps, je vais pouvoir maîtriser un métier et subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille." Aicha a 28 ans. Elle est mère d'une fillette de six ans, qu'elle considère comme la prunelle de ses yeux. La mari étant absent, Aicha a beaucoup trimé pour trouver de quoi se nourrir et nourrir sa fille. "Heureusement qu'il y a la famille, dit-elle. Mais c'est pas grand-chose : ma famille est elle-même dans le besoin." Aicha, qui ne maîtrise aucun métier, a eu ouï dire de l'Atelier de Chouhada. Elle y a débarqué sans être convaincue. Par curiosité, affirme-t-elle. Après un entretien avec les responsables, elle a été admise et son dossier validé par la Direction. 6 mois après, Aicha fait le bilan : " Vous voyez ce djellaba, fait-elle d'un geste de la main avec fierté. Je l'ai fait avec deux amies. Au début, ça me paraissait inconcevable. Maintenant, je sais que je peux devenir indépendante et compter sur moi-même. Grâce à mes formateurs, j'ai appris le métier."

Nombreuse sont celles qui partagent le sentiment de Aicha ou veulent lui emboîter le pas. Fatiha a deux enfants (une fille de 7 ans et un garçon de 4 ans). Son mari est décédé en janvier 2008 suite à un cancer. "Je ne savais pas où donner de la tête. J'ai frappé à toutes les portes, mais en vain. Jusqu'à ce que l'on me conseille de voir les responsables du Village d'Enfants SOS. Quand je suis arrivée à l'Atelier de Chouhada, ce sont le sens de l'écoute et l'accueil qui m'ont le plus fait plaisir. Le reste (elle désigne d'un geste d'affection) sa fille Ibtissam, c'est elle qui s'en est occupée", se souvient-elle.

 

Une vie de famille


L'Atelier de Chouhada regroupe plus d'une soixantaine de bénéficiaires. Elles ont à leur disposition l'infrastructure adéquate pour apprendre le métier de tissage et sont encadrées par des formateurs chevronnés et attentifs. Leur modèle est Mme Latifa Ziani. Car elle est passée par là. Mme Latifa, mère de famille, était également dans une situation précaire. C'est au sein du Village d'Enfants SOS de Dar Bouazza qu'elle a appris le métier. "C'est grâce à l'Association que je dois tout ce que je sais et je suis devenue", dit-elle, reconnaissante. Fatiha a une machine à la maison, travaille le soir sur commande et gagne bien sa vie. "L'Atelier, c'est aussi ma vie. Je n'oublierai jamais mes débuts quand je faisais mes premiers pas dans l'apprentissage du métier. On m'a beaucoup apporté. Et j'ai envie, moi aussi, d'apporter une pierre à cet édifice", déclare-t-elle. Le sourire toujours aux lèvres, Mme Latifa, la quarantaine, est omniprésente dans l'Atelier. Elle passe d'une salle à l'autre, et répond présente chaque fois qu'on fait appel à elle. "La patience est une qualité. Et pour l'inculquer, il faut en avoir".

Soumaya a deux enfants, son mari est handicapé. A l'Atelier de Chouhada, elle dit avoir trouvé refuge : "Je me sens bien ici. Au début, je ne connaissais personne. Aujourd'hui, je me sens en famille." Sous la houlette de Abdelaziz Azhar et Latifa Ziani, Soumaya se sent bien. Son bien-être se répercute naturellement sur sa famille.

 

L'Atelier de formation de Chouhada est non seulement une école de formation et d'apprentissage, mais c'est aussi un lieu convivial où l'on se sent en famille.
"Pour le repas du déjeuner, chacune ramène son petit quelque chose, et on partage le tout. Parfois, on cotise et on charge l'une d'entre nous pour nous préparer un plat", raconte Atika, une des bénéficiaires. "Si quelqu'un tombe malade, on se fait un devoir d'aller s'enquérir de sa santé. Et lorsqu'une bénéficiaire a besoin d'un produit parmi ceux qu'on fabrique ici, c'est acquis. Pas d'objection."
 

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Atelier tissage  Chouhada

 

 

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